Vendredi 14.09.2012

   Quand soudain...

Marrakech (16h20) - Imlil (72 km), total 3844 km


 Itinerrant -   12 octobre 2012  -   4 commentaires


... quand soudain, alerté par je ne sais quel bruit différent du brouhaha de la circulation qui nous entoure, je me réveille en sursaut : en deux secondes, TT et moi sommes postés aux fenêtres pour observer. Il est 3h30 du matin, un camion vient de se garer juste à côté du nôtre. Sur un parking désert, ça fait bizarre. Un type en descend, à la mine patibulaire (mais presque). Il farfouille derrière son siège et en sort... des pierres. Deux-trois grosses pierres. Il secoue son siège.

J’empoigne ma lampe de poche force 10 et j’ouvre brusquement la porte juste à côté de lui. Je lui braque le faisceau en pleine poire en gueulant : "Qu’est-ce que tu fous là ?". Il recule, se protège les yeux de la main gauche. Soudain, un éclat métallique brille près de sa main droite. "Mais... qu’est-ce que tu fais ? Lâche ce ... !".

Non, je plaisante. Reprenons là où la fiction n’a pas (encore) dépassé la réalité. Il secoue son siège, donc. Il sort une bouteille d’eau, s’asperge le visage et se lave les mains. Puis il sort... son zgeg et urine tranquillement contre la roue de son camion. Pas du nôtre, heureusement ! Sinon on serait repartis sur le scénario précédent...

Il remet les pierres à l’intérieur du camion. On est à deux doigts de décamper mais bon, le type rentre finalement dans son camion. Ça s’agite encore un peu, puis plus rien. On réfléchit un peu. Le camion a l’air d’être celui d’un fournisseur. Il doit sans doute être arrivé trop tôt et va se reposer en attendant l’ouverture du magasin. On se recouche.

Effectivement, vers 8h30 ce matin, le camion mystère est reparti. On fait le tour de notre véhicule : apparemment rien d’anormal.

On traîne un peu, pas trop envie de bouger, il fait trop chaud. En début d’après-midi, on va manger dans le minuscule McDo, histoire de changer des tajines et des kefta. Me voilà bien puni d’avoir succombé aux sirènes de la malbouffe occidentale : à peine la dernière bouchée de mon Big Tasty avalée que je suis pris de crampes violentes. Je rejoins avec peine le camion pour m’étendre un peu. Mon état empire et ma température dépasse maintenant 38°C. En fin d’après-midi, je décide tout de même de reprendre la route pour éviter les 40°C constants qui règnent à Marrakech (c’est rigolo, je suis presque isotherme dis donc). Tant pis pour Djemaa-El Fna, on reviendra lors d’un prochain city-trip ; on s’éloigne en direction d’Asni et de ses montagnes, à quelque 60 km de la grande ville.

Vers Imlil
Vers Imlil

A Asni, on bifurque vers Imlil, le point de départ des randonnées dans le Toubkal qui, à 4167 mètres, est le sommet le plus élevé du Maroc. La route grimpe et, comme espéré, la température baisse.

Dans la région du Toubkal
Dans la région du Toubkal

Imlil est un cul-de-sac, tant et si bien qu’au bout d’un moment, impossible d’avancer plus avant avec le camion dans les ruelles étroites bordées d’échoppes. On a toute les peines du monde à trouver un endroit pour faire demi-tour ; on y parvient cependant à force de "madames" (ha ha les souvenirs du temps où je pratiquais le vol à voile avec mon frère et où, le soir venu, il fallait ranger un nombre impressionnants de planeurs dans un hangar dont la capacité n’était pas extensible...).

Bivouac à Imlil
Bivouac à Imlil
Bivouac à Imlil
Bivouac à Imlil

Bref, on redescend un peu dans la vallée et on trouve un endroit au bord de la route, non loin d’un petit restaurant. Il y a beacoup de vergers et d’arbres fruitiers sauvages dans la vallée.

Cueillette dans les vergers à Imlil
Cueillette dans les vergers à Imlil
Cueillette dans les vergers à Imlil
Cueillette dans les vergers à Imlil

TT et les filles vont y faire un tour en m’abandonnant lâchement sur mon lit de douleurs... Elles en reviennent quelques heures plus tard, chargées de force coings, pommes et mûres.

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 Commentaires (4)

   maman

 13 octobre 2012

quel suspense intenable !mon coeur s’est presque arrêté de battre ;tu veux enterrer ta belle-mère avant de repartir ? je me demande si papa pensait que ton récit est vrai du début à la fin,il avait peur pour vous...

   Jérémie(&Audrey)

 14 octobre 2012

Non mais sérieux, nous laisser poireauter 1 semaine dans ce suspens insoutenable, c’est inhumain !!!

En tout cas, ça fait plaisir de pouvoir continuer à lire ces récits, vite le prochain ;-)

Merci

PS Presque 1 mois de décalage, il ne faudrait pas prendre trop d’écarts quand même hihihi :-)

   Piet

 15 octobre 2012

Belle récolte ! Et tout ça sans fusil à tirer dans les coings. Du vrai "développement du râble" comme dirait le héros cucurbitacé.

   Papa

 16 octobre 2012

Hé bé !!!! A quand un prochain script pour Holiwwood ??? En tant que suspens.. y a de quoi

 Hasard

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